Pourquoi a-t-on besoin d’un IPBES ?
La création d’IPBES répondrait au besoin d’une expertise scientifique internationale unique, crédible, reconnue et indépendante dans le domaine de la biodiversité : dans ce domaine, en effet, les centres d’expertises sont nombreux et de qualité, mais il manque un organisme international permettant de recueillir et de diffuser une synthèse de ces savoirs acquis sur le terrain, en vue d’alerter et d’informer l’opinion mondiale et les décideurs sur la perte de la diversité biologique mondiale et les réponses politiques et économiques à y apporter.
Qui ferait partie de IPBES ?
L’IPBES, à l’instar du GIEC pour le climat, rassemblerait des scientifiques de tous les pays, d’envergure internationale, et spécialistes de la biodiversité et des services écosystémiques
Quels seraient les « produits » de l’IPBES ?
L’IPBES devra synthétiser l’information disponible aux échelles locale, nationale et régionale, la soumettre à un processus de validation scientifique, et la transmettre aux politiques. Comme le GIEC, IPBES publierait des rapports globaux à intervalles réguliers (4-5 ans), mais pourrait également coordonner des rapports régionaux, cette échelle étant particulièrement pertinente pour les questions de biodiversité. L’IPBES pourrait ainsi fournir des scénarios aux dirigeants leur permettant de réagir efficacement face à la crise.
Quel serait le domaine de compétence de l’IPBES ?
Il doit être le plus large possible et réunir des disciplines très diverses : biologie, économie, anthropologie, ethnologie etc. L’IPBES pourra travailler sur les grands écosystèmes (forêts, océans), la désertification ou l’agroforesterie.
Qui dirigerait IPBES ?
L’IPBES sera une organisation intergouvernementale, c’est-à-dire qu’elle sera ouverte à tous les gouvernements qui souhaiteront en faire partie.
Quel rôle joueraient les gouvernements ?
Les représentants des gouvernements siègeront à l’assemblée plénière qui sera l’organe de décision suprême. Ils donneront notamment leur accord final avant la publication des rapports.
Quelle serait la place des ONG et secrétariats des autres conventions ?
Les ONG et les secrétariats des autres conventions auront un statut d’observateurs qui leur permettra d’être entendus en plénière.
Quelle serait la place des scientifiques ?
Les scientifiques seront au coeur de l’IPBES : ils seront, collectivement les garants de son excellence et de sa pertinence. Ils composeront le bureau exécutif de l’IPBES.
Quelle place pour les scientifiques des pays du Sud ?
L’implication des scientifiques du Sud au sein de l’IPBES est la véritable condition de son succès. L’IPBES devra permettre aux pays en voie de développement, très dépendants pour leur développement économique de l’état de la biodiversité, de défendre au mieux leurs intérêts (équilibre régional et géopolitique au sein du bureau, groupe de travail sur le renforcement de capacités).
Quel type de renforcement de capacités ?
L’IPBES pourra, au moins pendant les premières années de son existence, coordonner des évaluations des besoins des pays en matière d’expertise dans des domaines académiques précis afin d’assurer une représentation géographique équilibrée des scientifiques et/ou coordonner l’aide à la collecte de données locales (l’état des statistiques biodiversité dans ces pays est très préoccupant).
Quelle taille pour le secrétariat de l’IPBES ?
Le secrétariat sera une structure légère d’une dizaine de personnes qui seront chargées de la gestion quotidienne de la plate-forme.
Quel rattachement institutionnel pour l’IPBES ?
L’une des options possible serait un double rattachement, à l’instar du GIEC (OMM et PNUE). Les candidats les plus naturels seraient l’UNESCO et le PNUE, mais d’autres possibilités sont envisageables (CDB, FAO, RAMSAR, etc. .)
Quel financement pour l’IPBES ?
Comme le GIEC, l’IPBES pourra être financé par des contributions volontaires des gouvernements, agences des Nations unies, FEM et autres bailleurs potentiels qui alimenteront un fonds fiduciaire qui sera géré par une des institutions de rattachement.
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